Discipline : BELGAlerie / Belgitude


*Photos Rino Noviello

 


Notre galerie a choisi la s.a. Léon Eeckman
pour assurer les nombreuses expositions
qu'elle organise

 

Laurent d'Ursel

Belgique, terre d’écueils

Pour détraquer la belgitude

            Être belge est une catastrophe et doit le rester.
           
Revendiquer sa belgitude, c’est, au contraire, faire de soi la victime consentante d’une forme très pernicieuse de discrimination positive. Il est vrai que la belgitude s’invite aujourd’hui dans les salons, s’accroche aux cimaises, collectionne les titres de gloire, pique la curiosité marchande, endort la plus élémentaire méfiance.

            Bientôt on fera du belge au kilomètre, du belge pour ascenseur, du belge comme médicament, du belge pour devenir belge. On imagine des Belges en tête de gondole, en produit d’appel, en cadeau surprise. D’aucuns châtient déjà leur humour, empanachent leur détresse, plastifient leur accent, s’emballent sous vide. Halte à la récup : le Belge n’est pas une marchandise.

            La belgitude est un nouvel académisme. Au miroir déformant qu’on nous tendait avec condescendance  (et derrière lequel nous vaquions à ce métier harassant qui consiste à n’être personne d’autre que soi-même), nous préférons maintenant l’image d’une marque déposée dans laquelle on feint de se reconnaître, pire : devant laquelle nous commençons à grimacer pour mieux y coller.

 

Eric Legrain

Une baraque à frites ou fritkot c’est avant tout un territoire existentiel.
Du nord au sud, de l’est à l’ouest le belge y est à l'aise… Nous sommes au sein de la mère patrie.

Dans le petit matin apercevant le phare, nous pouvons crier terre!

Sous l'étendard "fritüure" la fragile ossature perdure, plantée face à l'abîme contre vents et marée.

"Une bonne frite réchauffe l’âme, c’est le caviar du pauvre, un parfum d’évasion pour les notables"...  Eric Legrain est amateur, il traite le sujet par amour, brosse un portrait social.

Il traite d'un archétype alimentaire en prise avec l'histoire universelle.
L'esseulement de l'architecture campe le phénomène dans toute son étrangeté, proche du module lunaire.

 Jean-Philippe Goffaux, Mars 2007

Serge Poliart

Monsieur Poliart, que certains, dans les années 60, appelaient « Beau Serge », met dans ses dessins (ne parlons pas de son chevalet ni de ses écuries, de ses fresques ni de ses frasques, qui engendrent d’autres plaisirs) toute la tendresse qui lui gonfle le cœur.  Un enfant nu, une mère célibataire, un cul-de-jatte, un gros cochon dans un peu de jus, des amis qui s’étranglent, des frites mal cuites, des cours de récréation et de miracles, des morceaux de crottes et de squelettes, des riens du tout – par exemples – réchauffent son crayon et lui donnent des couleurs, celles-là même qu’il a aux joues quand, le soir et dans la solitude, il lit quelques pages du Cantique des Cantiques. 

Et quand il voit des plumes sur le derrière d’un petit oiseau, il pense aussitôt à d’autres plumes, non à celles de Chateaubriand ou de Jules Michelet, mais à celles qu’il imagine sur la tête de messieurs qui mangent des oranges et font du bruit. C’est un cas, parmis d’autres qui, eux, ne savent pas dessiner.

André Balthazar, janvier 2003

André Stas

Né à Liège le 19 novembre 1949
Stas découpe pour assassiner l'image convenue et, dans une prolifération folle, donner naissance à une prolifération d'autres images qui se déchaînent.



 

La Galerie.be tient sa singularité reconnue de l'originalité individuelle et marquante des artistes qu'elle propose.

 

 

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