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*Photos
Rino Noviello
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Philibert
Delécluse
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Philibert Delécluse est un peintre
d’histoires. Histoires de cyclistes, de randonneurs, d’hommes d’affaires,
de géants. Notre histoire en fait, transposée dans l’imaginaire
de la peinture.
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Joëlle
Delhovren
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L'ÂME
AU CORPS
“Même si Joëlle Delhovren se sert de ses photographies pour élaborer ses toiles, il est évident que son oeuvre dépasse largement la dimension réaliste de celles-ci. Cadrage serré, peinture énergique, parfois violente, couleur réaliste de prime abord, sujet unique:Delhovren a su se créer un style. Se limitant aux portraits, elle y introduit une dimension psychologique qui rappelle la peinture de Lucian Freud. Pourtant, si chez Freud, une certaine dose de méchanceté ou de dégoût s'infiltre dans chaque représentation humaine, l'approche de Delhovren nous paraît davantage relever d'un humanisme sincère et bienveillant. Cela n'empêche aucunement ses toiles de se présenter au spectateur avec une vigueur certaine; l'artiste ne fait pas dans le détail à l'eau de rose et je suppose que certains de ses modèles ont dû ravaler leur salive en découvrant leur portrait. Techniquement, aussi, c'est du beau travail qui nous est présenté: sur la toile de lin cru, la gamme chromatique se limite aux tons chair, blancs et bruns, les portraits présentants sans exception des têtes ou des bustes nus. L'éclairage, quant à lui, est dramatique, voire "caravagiste". Cela nous vaut de beaux effets d'ombres avec, en contrepoint, des tons rouges flamme réfléchis sur des visages dont les traits marqués encadrent un regard qui interroge le spectateur. Les modèles ont souffert et vécu, c'est évident, mais leur vie, au moins, n'aura pas été inintéressante.
Yves De Vresse - 2007
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Jacqueline
Devreux
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Le visage,
que ce soit en peinture, en photographie, ou même au cinéma a toujours exercé
sur moi une forte fascination.
C'est donc
naturellement que j'ai commencé mes recherches par des portraits, suivis bientôt
d'autoportraits photographiques , où se mélangeaient mises en scènes fictives et
éléments réels.
L’élaboration
d’un album de famille imaginaire fut l'aboutissement de ce travail.
Mais la
photographie me frustrait terriblement tant au niveau des limites de l'espace
que de la matière; j’ai donc commencé a découper,
recadrer, redimentionner, surdimensionner ces visages: le portrait, son
essentialité, l'a finalement emporté sur toute mise en scène.
Aujourd’hui,
je continue mes recherches photographiques, mais elles me servent uniquement à
me passer d’un modèle vivant , ce qui m'offre plus de liberté en m'évitant de
soutenir le regard en attente du modèle figé dans sa pose. L'imaginaire est
alors totalement libre, me laissant l'espace nécessaire à toutes les audaces,
sans limite dans la fantaisie de mes recherches.
C'est
L'être, son intériorité, qui m'échappe et que je tente de capter dans ces
portraits, au travers des transformations physiques qu’opèrent sur lui la
lumière, l’angle de vue, l’espace dans lequel il évolue. L’incapacité de pouvoir
vraiment le saisir, de tenter de le figer dans un espace cadré, plane et
délimité, exitent mes recherches. C'est dans ce sens que le portrait devient le
lieu de ma réflexion sur la peinture elle-même
JACQUELINE DEVREUX Avril 2008
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Edwige Fouvry
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Les tableaux d’Edwige se situent entre le réel et l’imaginaire, ils parlent des émotions issues du passé, des souvenirs, de la déformation que ceux-ci subissent avec le temps.
Les peintures sont longuement travaillées, en couches successives, donnant profondeur et subtilité à la matière.
Souvent se dégage une atmosphère particulière où le spectateur fera partie intégrante de l’histoire dévoilée ou chuchotée dans chaque toile.
Edwige travaille également sur de petits formats mélangeant de nombreuses techniques : aquarelle, crayon, vernis, encres, etc…
« Il s'en dégage une impression de grande intériorité, une part de mystère aussi, je pense entre autre à ces visages que l'on voudrait mieux connaître et nous renvoient à nos propres interrogations. C'est une expérience que j'ai vécue avec intensité.
J'aime beaucoup celui représentant des enfants aux bulles de savon, avec le contraste des couleurs sombres et lumineuses et la légèreté des bulles qui réhausse la gravité des attitudes entièrement consacrées au "jeu" comme soulignant l'éphémère innocence de l'enfance ... Beaucoup de poésie, beaucoup d'émotions contenues. »
Xavier Aubert.
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Amathéü & Ganz
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Catherine Amathéü, les yeux au ciel
L’oeuvre que conçoit l’artiste Catherine Amathéü intrigue, que ce soit par sa qualité, son expérience ou sa transversalité disciplinaire. Plasticienne complète, curieuse et déterminée tout à la fois, l’artiste livre au spectateur un travail abouti et pourtant sans cesse renouvelé. Passant avec plaisir et bonheur d’un champ d’expression à l’autre, l’imaginaire d’Amathéü se montre tout autant propice à exploiter ou détourner les moyens qu’offrent la peinture sur papier (pour ses travaux les plus anciens), la peinture sur soie, la broderie, la création d’artefacts en billes de verre, ou de pièces vidéo....
Quelques mots sur Otto Ganz
Otto Ganz aime à dire qu’il est né quelque part aux frontières de l’Allemagne et du Hainaut, aux alentours de 1970, de parents identifiés. Et il ajoute, pour qui en douterait : « Pas encore décédé à ce jour. » De cette existence aux contours fluctuants surgit une exigence : écrire et rendre audible les murmures de nos vies, tapis dans les recoins des visages que nous rencontrons sans les voir....
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Olivier Legrain
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L’idée est de prendre le réel pour le rendre irréel. Créer un décalage entre le sourire et la douleur tout en restant sur le fil du rasoir émotionnel. Un souci clinique du détail et puis comme une envie de brouiller l’image.
Une sorte de mise au point qui s’effacerait en laissant une sensation dérangeante mais pas totalement inconfortable...
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Amandine Levy
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La série « US » 2008 /2009 comporte neuf peintures, elles ont toutes pour point de départ des photos prises par un téléphone portable, celles-ci sont avant tout des traces du réel, témoin de moment de vie, avec chacune a sa propre histoire. Ces photographies , sans mise en scène nous montrent une réalité que l’on cherche souvent a cacher : des moments d’intimité, d’oubli, d’interdit, de plaisir… Ainsi on vacille entre le sordide et le beau, la décadence et la grâce, le sale et le drôle… Elles existent surtout pour donner à voir un quotidien, et pour qu’à travers l’esthétisme qui s’en dégage, on puisse amener le spectateur à regarder là où il n’a pas envie d’aller voir.
La vitesse, l’instantané, la diffusion, le stockage, sont tant de possibilités que nous offrent les moyens techniques d’aujourd’hui, il a cependant ici une volonté de donner plus de valeur à certaines photos pour qu’elles ne se noient pas à travers les flots discontinus d’images qui pullulent autour de nous.
En allant de la photographie à la peinture le temps s’inverse, se quantifie. On passe alors d’une image produite en une fraction de seconde à une image qui demande des dizaines d’heures de travail, avec début et une fin. La peinture vient également donner à l’image une existence concrète, l’image numérique et a la fois immatérielle, démultipliable, la toile peinte se présente par contre comme un objet unique visible dans un contexte particulier.
Les peintures viennent donc donner aux images un autre statut ; elles les sacralisent de part le médium, le traitement, le format.
Le passage allant d’une image imprimé au traitement mécanique uniforme, à la cohabitation de différents langages est au centre de la démarche picturale.
La technique utilisée amène une sorte de fragmentation du regard, car dans les images se mêlent des éléments aux matières différentes (corps, tissus, nature, détail urbain) ces diverses parties isolées et vues en gros plan permettent au regard de circuler et de se créer alors d’autres histoires, d’autres paysages.
Dans la plupart des peintures il y a le parti pris d’avoir des espaces plus méditatifs où le geste et le médium prennent plus de liberté, contrastant alors avec d’autres parties plus explicites, plus analytiques ; il vient se rajouter a cela des éléments graphiques (tatouages, motif, stickers), des détails qui contribuent à l’envie de peindre. Ils sont les marqueurs d’une époque, de tendances, de pratiques générationnelles, et ouvrent la porte de la mise en abîme, des signes contemporains et picturaux.
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Nathalie
Pirotte
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Sujets intimistes,
correspondant à ma façon (timide ?) de poser les yeux sur les autres
et sur les choses : un mélange de fantasmes, de rêverie, de retranchement
(fragments, flous) et de moments d’acuité visuelle. Regards /attente,
chaleur, tension, bourdonnement, froissement, regards flous, de
biais, ambigus, sélectif et fragmentaire
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Véronique Poppe
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Véronique Poppe mélange les signes distinctifs et les fixe pour nous renvoyer à une catégorie humaine pré-supposée.
Elle choisit, alternant le ‘décrire’ et le ‘dépeindre ‘ pour arriver au portrait parlé. Le but n’étant pas de faire bonne figure.
Elle passe le visage à l’inspection rapprochée pour révéler la phénoménologie de la face, la marque particulière, le detail révélateur de ce qui se voit dans une logique du soupçon pour mettre l’identitaire en péril.
extrait du catalogue Tournai l’Art dans la ville 2008
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Catherine Rios
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Exister, c’est être perçu et percevoir (Berkeley)
La matrice de mes images est elle-même une image : une photographie orpheline, survivante, anonyme. Image générique où s’impriment les vestiges d’une présence qui s’expose à la visibilité. Personne, personnes : preuves et épreuves de la précarité d’un faire image dont je poursuis et renouvelle l’énoncé, le tracé. J’en extrais la trame qui fait émerger la figure, figure subsistante qui insiste à faire sens, trace.
Mon travail s’attache à élargir la brèche de ces restes de sens, à creuser le sillon qui permet d’accéder à l’image pour la faire à la fois mienne et vôtre. Une appropriation qui passe par une mise à l’épreuve de l’image générique dans sa matérialité, en la réduisant à son plus simple appareil à la limite de sa disparition : sa trame, sa trace, sa figure résiduelle.
Extraite du contexte d’origine qui lui conférait un sens particulier, l’image résultante, subsistante, matérialise et manifeste le trouble de son déplacement : elle porte l’empreinte des altérations qui l’ont fait revenir (disparaître pour réapparaître) du lointain au plus proche, du singulier au pluriel, de l’insignifiant au sens figuré, figurant.
Les procédés que j’emploie pour éprouver l’image sont semblables à ceux de la mémoire dans sa représentation résiduelle: ils interrogent la figure flottante d’une humanité qui cherche à subsister à travers ses figures. Figures qui toujours nous précèdent, nous survivent, nous regardent, nous questionnent : " exister, c’est être vu " ? Dans l’attente du regard de l’autre s’ouvrent un espace et un temps suspendus au regard qui guette le petit oiseau qu’on attend toujours et qui devrait surgir de nulle part.
Catherine Rios
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Johan Van Mullen
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Johan Van Mullen dessine des visages depuis la petite enfance. Il a toujours voulu peindre, une activité apparemment inaccessible puisqu’il devint architecte, obéissant à l’attente des siens. Van Mullem a cependant gravé quelques années, avec maestria, en cours du soir notamment une galerie de profils inspirés de fichiers d’anarchistes et, de face, les grimaces de têtes saisies dans le cri ou l’étonnement. Lorsque ses obligations le privèrent de ce plaisir, il tendait vers la picturalité par une exaltation de l’encrage du support, les contrastes forcés au-delà des formes et au détriment des tracés.
Van Mullem conserve ses buvards de fonctionnaire-urbaniste, de grands rectangles verts couverts de graffitis : une expression spontanée, non réfléchie, authentique. Pour accomplir sa vocation, devenir lui-même, il a finalement loué un grand atelier où il se livre au dessin et à la peinture, désormais exclusivement d’imagination.
A part de très petits nus féminins opulents, ce sont toujours des têtes, sur des carrés de carton lisse, blanc, d’un mètre quarante de côté. Certaines sont dessinés au crayon à grands traits nerveux, d’autres peintes, avec ou sans tracé préalable, de couleurs pour l’estampe mouillées au white spirit. Les visages sont moins des représentations (nostalgiques par nature) que des évocations en attente d’avenir ou d’incarnation, des invocations en somme. Van Mullem laisse venir, sans savoir. Il travaille ses peintures à bras le corps, il ne les reprend jamais. Certaines sont effacées par endroit, des détails sont ici éludés, là mis en valeur. Parfois l’ensemble paraît émerger du support comme une apparition.
Ces têtes sont marquées par la vie, l’âge, l’expression forte des sentiments dans lesquels Van Mullem voit la beauté – plutôt que dans la fonction esthétique qui s’accomplit – bien que sa pratique picturale (récente) le voue naturellement à expérimenter la variété des contrastes utiles à creuser l’espace d’une profondeur sensorielle, dont témoignent déjà certains des ses exploits. Il ne s’agit pas pour lui d’optimiser le savoir-faire, dont il se méfie, mais d’induire le lieu de l’émotion, un espace ouvert assez pour qu’il soit longuement fréquenté.
Georges Meurant
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