Peintre / Schilder

Franca RAVET

    CV

X et roC inversion 2004 - 2009  

CORTEX 2008 - 2009  

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Rue de la Victoire, 96  
1060 Bruxelles  
  
Mobile: +32(0)497 17 82 91  

Courriel: franca.ravet@gmail.com 

HOMME, QUI ES-TU ?

La recherche de Franca Ravet a toujours été basée sur lhomme ; son cheminement et tout ce qui encombre sa vie avec les souvenirs heureux ou douloureux, l'enfance jamais effacée et la peur de l'avenir incertain. Cette quête a été traduite en images marouflées sur toile, travaillées en séquences, c'est finalement tout un peuple qui a résulté de cette vaste interrogation qui maintenant évolue et se penche davantage sur l'individu.

Les oeuvres récentes sont axées sur une, voire deux figures de proue, deux profils humains qui se répondent en miroir et redécouvrent la vieille technique du poncif maintenant revue et exploitée selon des approches actuelles.

Le profil, pas toujours unique, est vu sur un fond neutre où rien ne vient troubler la perception de sa présence et ce profil se répète en miroir sur ce même fond neutre mais totalement différent, passant du clair au sombre mais toujours dans une gamme d'une sobriété absolue. Il n'y a aucun effet facile et pas de couleurs qui retiennent, tout est dans le passage éphémère de cet être perdu qui semble se chercher au fil d'une aventure difficile à communiquer ou à partager, un être face à son destin.

Comme dans les périodes antérieures, l'artiste travaille ses fonds à la manière des grands anciens, là où tout semble uni, légèrement coloré ou ombré, il s'agit en fait d'une lente alchimie des couleurs, d'un travail des matières qui va toujours plus loin dans la recherche d'une lumière qui n'est jamais un éclairage mais quelque chose qui sourd de la toile ou du papier marouflé qui apporte ainsi une sorte d'épaisseur vitale au sujet.

Parfois le profil humain se trouve face à un obstacle insolite, non défini, quelque chose qui arrête sa progression vers une liberté entrevue ou une lumière qui surgit dans la nuit. Il arrive aussi que l'homme ne soit pas seul, quelques autres sujets très simplifiés sortent de nulle part et sont irrésistiblement liés à l'évolution des choses.

La grande rigueur des fonds aux tons neutres est brisée, ici ou là, par des coulées de rouge sombre que l'artiste atténue encore par une sorte de brouillard charbonneux et ces toiles-là font mieux ressortir ces oeuvres aux gris somptueusement déclinés et dans lesquelles on découvre une face étrange, sorte d'embryon de visage, promesse d'avenir et de pérennité du phénomène de vie.

Dans les oeuvres récentes, Franca Ravet en pleine possession de ses moyens techniques, exprime une certaine philosophie qu'elle ne dévoilera pas en paroles. Sans discours et sans démonstration inutile, elle accompagne le long parcours des hommes qui vont passant sur terre au fil d'événements qui parfois les dépassent.

En pleine maturité (elle est née en 1957), l'artiste quitte lentement les souvenirs d'enfance, la trace des jeux souvent dits de hasard, pour s'investir pleinement dans les profondeurs de la destinée avec ces répétitions de profils, ces portraits inversés qui sont rappels ou répétitions de tous les faits qui émaillent un parcours de vie.

A la recherche de l'identité depuis de longues années, attentive à l'évolution de l'homme et toujours attentive aux situations dans lesquelles plonge l'humain en général, Franca Ravet se refuse à analyser les comportements, elle constate et établit une sorte de bilan ou plutôt un état des lieux. Aucune revendication, aucune lutte, aucun combat, seulement un sorte d'inventaire de la condition humaine au fil des années d'un siècle qui ne s'annonce pas des plus aimable ni des plus souriant pour l'homme.

La peinture n'est ni un lamento ni un cri de joie, c'est le constat d'une situation perçue dans son ensemble et qui met l'homme (et son double) face à lui-même et tente d'approcher ce point de non-retour où chacun est censé faire un pas vers l'autre, le comprendre et l'accompagner vers des lendemains qui ne chanteront pas haut et fort mais seront riches de fraternité, de compréhension mutuelle sur fond d'harmonie, de paix et de sérénité.

L'oeuvre récente est un chant pour l'homme, une célébration d'un monde plus humain qui se cherche encore mais avance sans crainte dans le calme de ces oeuvres aux tons quasi neutres et aux traits proches de l'interrogation universelle et permanente : « où allons-nous ? ».

Anita NARDON a.i.c.a. juillet 2007 

 

UNE  "INDEFINABLE STORY"

Entre introspections, pulsions de vie et oeuvre à faire, Franca Ravet recompose pour elle et pour nous une saga d'aujourd'hui résonant d'émotions vraies.

C'est dans son atelier installé à Saint-Gilles que nous avons rencontré l'artiste, au milieu de son laboratoire. Des étagères chargées de flacons, des clabots domestiques remplis de pigments, des rames de papiers divers, des encadrements en attente, l' outillage classique du peintre fait de brosses, pinceaux, spatules, grattoirs, etc. Plus insolite, une officine de chimiste peuplée d'alambics, de seringues gorgées de matières,  de balances de précision. Derrière le sourire de la jeune femme, se profile une artiste déterminée, une maîtresse de maison très organisée parce l'ordre est garant d'efficacité.

Franca Ravet oeuvre dans une vaste salle à l'éclairage zénithal dont le seul confort est l'espace capable de recevoir des oeuvres de belles dimensions. Si elle se mesure au grand format, ce n'est par prétention gratuite mais parce que l'ampleur participe à son mode d'expression : l'artiste affirme avec autorité un langage voisin de l'art mural.

Elle nous dit son lent et long cheminement pour gagner une vérité, une identité. Les errances, les galères, la rage d'apprendre, de désapprendre, de se tromper, de chercher sans répit. Comme une nécessité organique.

Que ce soit sur toile ou sur panneau, elle y va hardiment, traçant, gravant, griffant, giclant, torturant le support qui résiste à ses brusqueries. La singularité de l'artiste réside dans l'affrontement et la coexistence des contraires. Un style éruptif mais canalisé, un bouillonnement intérieur mais resserré en cadre strict, en compartimentage rigoureux. On pourrait lire ses oeuvres comme un théâtre d'ombre et de lumière où s'affrontent les mondes intérieurs et extérieurs, les options abstraites et figuratives, les figures en positif ou en négatif,  le passé et le présent, le noir et le blanc, la vie et la mort, la civilisation et la barbarie.

On comprend pourquoi l'artiste n'aime pas trop la toile et sa texture feutrée. Un enduit ou un marouflage en estompera l'épiderme. Son inclination va au panneau rigide qui résiste davantage à l'attaque incisive de l'outil, aux retours, aux surpeints, à cette fulgurance gestuelle, à ce corps à corps éreintant.

Ses tableaux souvent structurés en  séquences pourraient se lire comme des polyptiques pour une messe d'aujourd'hui.  Ils sont conçus selon des codes modernes,  remontés de la bande dessinée, du roman noir, de l'écran télévisuel, du tags ou du graffiti, du jet d'encre, du dripping.  En prise directe avec son époque, l'artiste capte l'esprit de sa génération, l'accompagnant même pour en extraire les paradoxes, les incertitudes, les souffrances, les engagements, les inquiétudes et les frénésies.

Au chromatisme clinquant la peintre privilégie des accords assourdis : des noirs profonds, des tons de pierres calcinées, des bleus de crépuscule, des blancs d'écume. Même si ses visages entrevus dans la lucarne d'une fenêtre disent l'étonnement d'être là,  globalement, l'art de Franca Ravet exprime intensément la vie. Vie plurielle faite d'ombres et de lumières, d'aveux et de mystères, de rage et d'apaisement. D'humour, même.

Un humanisme généreux sous-tend sa démarche picturale. Pour preuve l'omniprésence de la figure humaine saisie dans son passage, silhouettes circonscrites en un trait jeté sans repentir,  poupées d'ombres tenues au fil du souvenir, tout un cinéma très personnel d'où resurgissent des effigies d'enfants, d'hommes ou de femmes que, pour les sauver de l'oubli, Franca Ravet cerne dans l'instant. Des écritures illisibles parcourent ces pages comme un simulacre de commentaires. Traces matérielles d'un message dont, à défaut de sens explicite, on perçoit le vibrato familier.

 « Je travaille sur l'émotion, nous confie pertinemment l'artiste ». Le miracle, c'est que son émotion touche la nôtre. Durablement.

Louis Richardeau  

 

PARTAGE D'EQUITE

Pour certaines personnes la peinture est un acte citoyen. Replacer l'individu au coeur de la société en faire l'élément structurant de notre monde n'est pas une chose aisée. Il faut pour cela repartir du début. Atteindre cet inconscient collectif vierge de toute culture. Être dans cet état créatif qui favorise le geste spontané et qui traduira l'essentiel même de notre être.

Sans projet préalable, une femme prépare la toile et tente d'organiser les émotions qui la guident dans  les  méandres de la création. Un tableau peut se décliner en une mosaïque d'instants ou recouvrir un seul canvas.  Les couleurs se marient ou s'opposent, les visages alternent avec des plages nues, des signes graphiques se juxtaposent aux collages de papier ou tissus.

Sous ses aspects lisses et organisés, car présenté dans un cadre rigide, les oeuvres vivent et évoluent en créant un univers en constant évolution. Il existe un rythme, une dynamique qui emmènent le spectateur dans une recherche  de respect des différences, des divergences.

La toile devient le support d'une proposition de l'artiste qui, sous couvert d'une série noire, nous plonge dans un univers intriguant. Le mélange de tension et d'énergie crée un climat qui oscille entre le désir de croire en l'humanité et la conscience de sa capacité à créer l'innommable.

Franca Ravet travaille et nous guide dans cette expérience primaire. Au travers d'une figuration libre et sincère, elle recherche inlassablement les codes communs ancrés en chacun de nous. De sorte que lorsque notre regard croise une de ses toiles, nous reconnaissions une part de nous-même.

Les visages, les figures et les formes qui apparaissent sur le support sont des signaux qui accompagnent la lecture du tableau.

Mots, morceaux de phrases, lisibles ou non, informent le spectateur sur la recherche en cours. Dès cet instant, il naît un sentiment d'appartenance, d'adhésion au message véhiculé par la toile. Nous ne sommes pas seul dans un face à face stérile mais nous pouvons dialoguer avec un semblable à découvrir.

Les références multiculturelles et multiraciales nous ouvrent des horizons infinis. Ces préoccupations sont d'actualité mais pour cette artiste, elles l'ont toujours été. Aborder l'autre c'est aussi mettre l'accent sur les relations que nous tissons avec le monde qui nous entoure.

Que faisons-nous pour nos proches ? Qu'il soit de notre famille, de nos amis, ou un voisin que l'on rencontre quelquefois trop tard. Les difficultés quotidiennes d'une vie en société sont souvent et malencontreusement source de solitude et d'égocentrisme. L'excès de communication, d'échanges et de partage d'information nous fait perdre le sens de la  tribu ; groupe où chacun sait pertinemment où est sa place et la tâche qui lui incombe pour sauvegarder l'équilibre et l'harmonie.

L'anthropologie trouve ici une place qui peut guider l'amateur vers une réflexion d'ordre plus personnel. Car il ne faut pas oublier que l'artiste dans sa qualité de témoin partial est un relais indispensable dans la reconnaissance de nos actes. Tel un miroir, il nous renvoi ce que nous voudrions enfouir et célèbre nos joies et peines.

Comme je l'ai déjà évoqué les oeuvres présentées ne sont pas pensées à l'avance. Elles aussi subissent les aléas de la vie, de la création.  Le hasard, l'imprévu n'est-il pas une des composantes de notre histoire. Jours après jours, nous essayons d'accepter et d'intégrer les petits et grands séismes du quotidien. Recomposer le monde, se reconstruire à chaque fois pour qu'un ordre règne et que le chaos ne submerge pas tout. Tendre vers une position confortable qui nous permette d'apprécier ce qui nous entoure.

Les données énoncées par Franca Ravet imposent une flexibilité, des réponses éphémères. La mouvance des événements incite à la prudence.

En dépit de cela, l'optimisme qu'elle dégage et la confiance qu'elle défend nous donne envie de croire à une fin heureuse à défaut de lendemains qui chantent.

Kunty Moureau , novembre 2005.  

 

FIEVRE INTIME

Le travail de Franca Ravet s'inscrit pleinement dans la contemporanéité. Ses oeuvres accrochent d'emblée le regard du spectateur par son écriture, un graphisme proche des graffitis, par sa gamme chromatique, un dualisme noirblanc sous tendu par des tons oxydés.

En s'attardant, un autre constat s'impose : les thèmes traités, non sans humour, par l'artiste sont actuels et profonds. Elle parle de l'homme, de l'autre, cet être avec lequel un échange est possible mais qui ne se réalise pas ou si peu. Elle exprime la vie, le temps qui passe, les traces que l'homme laisse au cours des siècles sur la terre, nos origines.

Au son de rythmes actuels, Franca Ravet trace sur la toile ou le papier ses émotions, rythme les battements de son coeur, laisse s'écouler la paraffine, encore invisible puis rétractée de son âme picturale. Et l'artiste s'attache à domestiquer le temps, a apprivoiser le passé sur le support pour ensuite réinstaller sa graphie dans la chair de la matière. En ainsi de suite, les states de la création inscrivent sur la toile un morceau d'histoire.

C'est en 1985 que Franca Ravet s'installe à Bruxelles après avoir suivi les cours de l'institut Saint Luc à Liège. Elle arrive sont bagage déjà chargé de quelques expositions présentées depuis 1979.

Combinant travail et création artistique, son oeuvre se développe. En 1998, l'acquisition d'un atelier, partie d'une ancienne fabrique, lui permet de trouver ses marques et d'entreprendre une nouvelle étape.

                                                              Frédéric GERARD  

 

Monographie d'Artiste, évolution chronologique de son travail. Français/Anglais.

Format :  24cm x 28cm, 120 pages
100 illustrations couleurs, couverture cartonnée.

Textes: Anita Nardon, Kunty Moureau, Louis Richardeau et Frédéric Gérard.
Photos: Jorge Soares.

Editions: Schortgen, Artworks Collection.
ISBN : 978-2-87953-061-1

Prix : 49 €, frais de port compris. Commander à Espace Fragil asbl,  

Gsm : +32(0)497 17 82 91
E-mail :
espace.fragil@gmail.com

Ou contacter l'artiste : franca.ravet@gmail.com

 

Cause à l'autre
Digigraphie 90x90 cm
1/65 exp



X et roC inversion
2004 - 2009


Frère de sang
100/100 cm
2007


Le funiculaire des anges
100/100 cm
2008


La nuit furtive
170/150 cm
2008
 


Le manteau de St Martin
170/150 cm
2008


Pas de mentalité
150/170 cm
2008


Les lumières de frigo
100/100 cm
2007


Lumière noire
100/100 cm
2007


Rue du croche-pied
100/100 cm
2007


Sans appel
100/100 cm
2007


Un été glacé
100/100 cm
2006

INDEFINABLE STORY


La fin de la piste
160/200 cm
2007


Une question d'heures
160/200 cm
2006


 Le temps des cerises
160/200 cm
2005


Les ardoises de la memoire
100/160 cm
2005


Les treize marches
160/200 cm
2005


La vie de famille
160/200 cm
2006

 

Pulsion d'une identité recomposée


Le coup de l'escalier
170x150 cm
2007


Confession infernale
170/150 cm
2006


Graines d'enfants de coeur
170/150 cm
2006

 

Fièvre intime.


Acid queen
120/120 cm
2005


Blocus solus
110/110 cm
2006


Coup de tête
120/120 cm
2004


Moloch A
110/110 cm
2006


Moloch B
110/110 cm
2006


Ondes de choc
100/100 cm
2006


Artiste de La Communauté Française de Belgique

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Artiste de La Communauté Française de Belgique